rencontre avec… Lydie A. Wallon

     Le monde est petit… Dans le cadre du comité de lecture de la collection i.mage.in.air de chez Evidence Editions, j’ai eu la chance d’avoir comme directrice de collection l’auteur d’un roman que j’ai pu lire lors du Trophée Mélibée du premier roman ! J’ai ainsi fait une super rencontre avec une auteure plus que prometteuse, une directrice de collection humaine mais surtout une femme en or ! Son roman la Nébuleuse d’Héra tome 1 : la toile du destin est sortie le 24 mai et, pour cette occasion, je lui ai posé quelques questions.

la nébuleuse d'héra couverture

Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

     Mon pseudo est Lydie A. Wallon, à prononcer « Lydie Avalon » et mon Saint Graal est de pouvoir me consacrer pleinement à mes écrits.

     Je suis Parisienne, mais surtout citoyenne du monde. Graphiste, illustratrice, peintre et autrice. Autrice car si ce qualificatif peut écorcher les oreilles, il a été longtemps utilisé en France avant d’être peu à peu supprimé par « d’éclairés » académiciens du XVIIe siècle pour minimiser la place des femmes. C’est pourquoi je me revendique autrice. Pour réhabiliter ce terme si joli lorsque l’on s’y est accoutumé.

Avant de devenir autrice, tu as été lectrice avant tout ! Lis-tu toujours autant maintenant que tu écris ? Et surtout, peux-tu nous citer ton livre préféré, et celui qui te donne le plus envie actuellement ?

     Je lis autant maintenant qu’avant, mais d’une autre manière. Je décrypte pour apprendre. Par habitude des bêta-lectures, ma façon d’aborder un roman a radicalement changé. L’approche n’est plus la même. Il ne s’agit plus seulement de lire juste pour le plaisir, mais d’aller au-delà des lignes, de considérer une ossature et un style en les analysant.

     J’ai lu beaucoup de polar. J’ai adoré Shutter Island de Dennis Lehane pour son ambiance et ses rebondissements. Je m’inspire souvent de ce procédé pour créer l’effet d’une double lecture dans mes écrits. C’est à dire l’impression d’une version avant et après le twist final.

     En ce moment, je lis de la SF, genre que j’ai négligé alors que j’en écris. Un comble ! Je me suis plongée dans les classiques : Asimov, Wells, Barjavel, Bradbury, Dick, Simmons…

Pourrais-tu nous résumer ton roman La Nébuleuse d’Héra ? D’où t’est venue ton inspiration ?

     L’idée m’est venue à l’âge de 17 ans, au Lycée. Autant dire que ça fait un moment que je revoie ma copie. Il y a eu de longues pauses, des périodes de jachère, des paliers ont été franchis pour m’améliorer. Entre la première version et la dernière : rien à voir. Presque 20 ans pour accoucher de ce bébé. Heureusement que j’ai la plume plus affûtée et rapide qu’à mes débuts. Je reviens de 0 en dictée, 3 en rédaction au collège et 8 au BAC français. C’est un peu ma revanche sur les humiliations passées. Ma mission a été de dompter la langue française pour en faire mon alliée. Et c’est comme pour tout, on ne cesse jamais de progresser.

Je connais déjà une partie de la réponse, mais pourrais-tu nous raconter ton parcours avant d’être éditée ce mois-ci chez Évidence Éditions ?

     J’ai suivi des études scientifiques avant d’enchaîner sur une formation d’infographiste. Rien ne me prédisposait donc à publier des textes excepté mon désir. Avec le recul, il y a beaucoup de choses que j’aurais faites différemment, comme mon cursus scolaire. Mais je suis une tortue, je chemine lentement. C’est ma nature profonde, je n’y peux rien. Mon parcours n’a rien d’extraordinaire. Il est classique et constitué des mêmes embûches que celui d’autres auteurs lambda. Pas de pistons, pas de soutiens particuliers. On est tellement nombreux à écrire. C’est à se demander s’il n’y a pas plus d’écrivains que de lecteurs !

J’ai eu la chance de connaître une version intermédiaire de ton roman lors du Trophée Mélibée pour lequel j’étais jurée ! Je n’ai pas encore lu sa version finale, mais je suppose que tu as dû la retravailler. Pourrais-tu nous parler un petit peu de ce travail de correction ?

     Le problème principal que mon éditeur a relevé était le manque de tension dans certains passages qui en nécessitaient davantage. Je me suis donc focalisée sur ces moments. J’ai également redécoupé le début de mon récit pour en accélérer le rythme et rendre l’introduction plus prenante. Le challenge est de transporter le lecteur dans un monde futuriste, sur d’autres planètes avec de nouvelles espèces… sans le perdre en cours de route. En tant qu’autrice, je dois les guider du mieux que je peux à travers les méandres de mes pensées.

As-tu une routine d’écriture ?

     Au calme. Attention cliché : avec mon chat pas loin.

J’ai bien envie de savoir quel a été ton meilleur souvenir dans ta « vie d’autrice » ! Aurais-tu une anecdote à partager avec nous ?

     Sans doute la première fois que j’ai reçu une proposition de publication pour l’une de mes nouvelles sélectionnée dans le cadre d’un appel à textes des Editions Arkuiris. Chaque fois que je répondais au coordinateur concernant les corrections, je m’exprimais au conditionnel comme si rien n’était décidé. Une bonne fois pour toutes, il m’a assuré que j’apparaîtrais dans l’anthologie. Ce fut une fierté et une première confirmation que je devais persister dans l’écriture. Je l’ai vécu comme un signe du destin. J’étais capable de raconter des histoires. C’est un peu naïf, mais j’aime penser que la vie n’est pas faite que de hasards.

Je t’ai également connue sous ta facette de directrice de la collection I-mage-in-air chez Évidence Éditions ! Pourrais-tu nous dire quelques mots sur cette fonction qui doit être passionnante, mais demander énormément de temps ?

     Depuis quelques années, mon ambition est de publier mes textes, mais aussi de travailler dans le monde de l’édition. L’occasion s’est présentée sans crier gare et j’ai sauté sur l’opportunité. Cela ne fait pas longtemps que je suis directrice et chaque jour je me perfectionne. C’est prenant et fascinant. On forme une petite famille avec les autrices et les auteurs. On partage nos expériences et nos astuces. C’est un privilège que m’a offert Évidence Éditions et j’ose espérer que ce n’est que le début de l’aventure. Je jongle au milieu de beaucoup de projets en plus de mes publications, mais cela me passionne. Je m’en plains dans le sens où je trouve les journées trop courtes.

Et pour finir, une dernière question : Aurais-tu quelques conseils à donner à ceux qui débutent dans l’écriture ou qui souhaiteraient s’y mettre sans forcément oser ?

     Avoir le cuir épais à la place de la peau. Savoir écouter la critique constructive et se remettre sans cesse en question. Se relever plus combatif après chaque commentaire négatif. Plus d’une fois, j’ai voulu tout abandonner. J’ai essuyé tant de critiques. Mais l’envie est trop forte. Écrire ne se résume pas à un plaisir : c’est une nécessité intérieure. Il faut croire en soi et en ses capacités, sinon qui croira en nous ?

Merci beaucoup Lydie pour ta participation et quand à vous, je conseille vivement la lecture de son space opéra!

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2 commentaires sur “rencontre avec… Lydie A. Wallon

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